Je suis né en Italie, où j'ai passé les plus belles années de ma vie. Je me rappelle d'une famille nombreuse aimante, de mes cousines, plus particulièrement Sabrina qui avait le même âge que moi. Nous étions inséparables, comme deux soeurs jumelles. Les adultes étaient présents mais nous laissaient vivre toutes nos expériences d'enfant. Dès qu'il y avait un bobo, homme, femme vous prenait dans leurs bras et vous consolait. Il y avait beaucoup de soleil dans mes souvenirs. Nous n'étions jamais seule. Je suis la plus jeune des filles de mon père. Les deux autres sont nées en France, et mes premières années je ne les ai pas beaucoup cotoyé. Je ne me rapelle pas de ma mère en Italie, un peu de mon père... Et puis quand j'ai eu cinq ans, j'ai atteri en France. C'était un choc pour moi. Pas de soleil, pas de bruit, pas de famille bruyante et joyeuse. Un appartement triste, separée de ma cousine jumelle, sentie jugée par un ou deux français. C'est là que j'ai commencé à entendre que je mangeais le pain des français"!!! C'est ici que pour la première fois j'ai vu mon père triste. C'est ici que je me suis cramponné à lui comme une bouée de sauvetage, dans ses bras que j'ai refusé pendant plus d'un an de parler français. J'ai l'impression qu'on se reconfortait l'un, l'autre. Et puis petit à petit il a disparu de ma vie d'enfant. Il ne me regardait plus. Je ne passais plus de temps avec lui. Tout est devenu noir et triste. C'éatit mon dernier soleil d'Italie qui s'estompait avec sa lente disparition. Personne ne me parlait de rien. J'ai commencé à vivre ma petite vie de française, accrochée comme "une moule" à son rocher à mes deux soeurs plus grandes qui en avait marre de me traîner partout. Je me suis fait des amis, surtout chez les garçons. Je me battais et recherchait la compagnie des enfants déracinés comme moi. Et puis un jour ma mère m'a assis dans ce grand fauteuil dans lequel je passais avant beaucoup de temps dans les bras de mon père. Elle a commencé à parler puis s'est mise à pleurer, et elle est partie dans la cuisine. ma grande soeur de 13 ans m'a dit que mon père était mort. Ah! Ce qui veut dire? J'ai pleuré puisque tout le monde pleurait. Certaine de mes oncles sont montés d'Italie et me regardaient d'une façon que je ne comprenais pas. Je vivotais de l'un à l'autre, contente de les voir mais il ne prétait aucune attention. Mais qu'est ce que j'avais fait de mal pour être ignorée comme ça! Mon père d'abord, mes oncles ensuite.
La suite n' a été qu'une lente dégringolade dans le n'importe quoi. Pas le droit de parler de mon père sous peine de pleur. Une distinction à l'école encore plus grande. Des seins qui poussent sans explication. Des règles non epliqués, si vaguement par ma soeur. Une adolescence enfermée pour qu'on ne voit pas que je changeais et que ce n'était peut-être pas normal. Le regard des garçons, des hommes que je croyaient au début bienveillants mais qui se sont révelés catastrophiques. J'ai conché avec n'importe qui, pris de l'héroine, cocaïne,etc. Resté huit ans avec un homme avec qui j'ai fait tout et n'importe quoi. Les grosse crises de panique ont commencé dans les transports, dans la rue. La tournée des psys a commencé. Les antidep avec plus anxiolitiques. Mon corps s'est mis a gonflé.
Voilà un peu mon parcours : maintenant je suis suivie par la même psychiatre depuis 2003 et par une psychomotricienne depuis juillet 2007. Elles m'ont beaucoup aidé, mais le parcours est long et depuis quelques semaines je ne peux plus travailler. Je vis une vie de robot. Je fais ce qu'il faut faire pour survivre, mais j'ai limpression qu'un jour de novembre 1975 je suis morte, et que 32 ans plus tard je n'ai toujours pas commencé à vivre.......
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