dimanche 18 mai 2008

Ma mère

Bon ben aujourd'hui comme c'est dimanche, j'ai un peu de mal. J'aime pas les dimanches. Mais bon! Ca me rappelle des choses très joyeuses perdues à jamais, et des choses très tristes.
Les repas de familles avec ma petite maman, mes deux soeurs et leurs copains.
Leurs départs vers cinq heures et cette angoisse qui montait. Je sais maintenant que la même angoisse était ressentie par ma mère.
Nous nous retrouvions toutes les deux seules. Moi une adolescente presqu'adulte collée à une maman perdue et triste.
Nous avons comblé nos solitudes toutes les deux comme on pouvait. Nous ressemblions presqu'à un couple. Mais qu'est ce que ça pouvait faire nous avions besoin l'une de l'autre.
Je savais au fond de moi qu'un jour, j'allai m'occuper d'elle. Je ne savais pas à quel point.
Petit à petit, comme ma grand-mère, elle a commencé à oublier. Faire des courses bizarres, me faire répéter six mille fois les mêmes choses. J'ai commencé à assister à l'installation de sa maladie.
Je suis devenue en pratique sa mère. Et moi qui avait encore terriblement besoin de ma mère, je lai prise en charge. Ca été en enfer de culpabilité. De scènes que je n'oublierai jamais. Devoir lavé sa mère qui s'était fait dessus, et comme la maladie d'Alzheimer laisse au début des moments très lucides à la personne atteinte, une honte de se rendre compte que sa fille la lavait. Elle pleurait ou devenait violente.
J'ai essayé d'alerter les membres de ma famille, mais rien, pas d'aide. A part une certaine admiration de leur part. L'admiration je n'en avais pas besoin, je voulai de l'aide. Du repos entre deux crises. Des nuits de sommeil entière sans qu'elle vienne me voir complètement terrorisée. Des appels téléphonqiues qhand je travaillais. 80 comptabilisés un jour.
C'était un enfer.
J'arrête là, ça me fait trop mal d'en parler.
Elle me manque tellement.

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