Hier j'ai eu ma dernière séance avec ma psychomotricienne. Je ne vais pas la voir pendant deux mois. Ca me fait mal.
La séance a été très riche en émotion.
Je suis arrivée en pleurs, alors forcemment ça a commencé très fort...
Ma psychomot me masse et c'est la seule personne qui voit mon corps et le touche. Les marques sur mes bras s'estompent, parce que je sais qu'elle veille sur moi.
Parfois quand l'envie est plus forte que la raison, je refuse de lui montrer mon bras; elle accepte bien sur, mais nous en parlons beaucoup. Et résultat je ne me suis pas coupé depuis le 1er juin.
Hier elle m'a demandé si je pouvais me rappeler à partir de quelle moment j'ai commencé à détester mon corps.
J'ai commencé à haîr "ce sac" vers l'âge de dix ans.
Nous avions déménagé dans une nouvelle ville, dans un grand appartement que j'ai toujours détesté.
En décembre à dix ans j'ai eu mes règles. Quinze jours d'hémmorragie clouée au lit. C'est le médecin qui m'a expliqué ce qui m'arrivait. A dix ans mes seins ont poussé très vite. j'ai très vite été la cible des garçons à cause de ça. Pendant presque deux ans j'ai été harcelé moralement et physiquement par trois, quatre gamins de mon âge,. Un jour bloqué dans une maison sur la route du collège. Si un des garçons n'avait pas eu un sursaut d'intelligence; je crois que j'étais bonne pour le viol.
D'autres incidents sont venus se greffés qui m'ont fait croire que tout ce qui m'arrivait était de ma faute. Un ami de ma famille qui avait une quarantaine d'années m'a bloqué chez moi, et m' a tripoté et embrassé en fourrant sa putain de langue dans ma bouche. Un représentant à qui j'ai ouvert m' a sauté dessus pour me tripoter allègrement.
Avec le recul je me dis que j'ai vraiment eu de la chance d'échapper au viol; mais dans ma tête j'attirais ces personnes qui me salissaient et donc je devais le mériter.
Plus tard, je suis resté avec mon"copain" pendant huit ans; huit ans d'horreur, j'étais son terrain de jeu et de ceux qu'il invitait.
J'ai déballé tout ça hier chez elle.
Elle m'a dit que quand j'avais mes crises de boulimie ou que je me coupais il fallait que je pense à ces agressions. Que c'étaient eux qui prenaiant le contrôle, et qu'ils fallait que je me repète que je ne méritait pas ce qu'ils m'ont fait. Jamais à aucun moment. Me dire que quand je me faisais du mal, c'était comme si à nouveau ils étaient là à me salir.
C'était très fort et intense.
J'essaie de garder cette image dans ma tête.
Je la remercie du fond du coeur pour cette séance.
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